L’HISTOIRE D’UN SOUVENIR MÉDIOCRE


Une histoire d’un médiocre souvenir

Après 15 ans d'investissement en Haïti, j'ai l'insigne honneur de partager avec vous le souvenir le plus médiocre qui me reste de mes 15 ans d'expériences dans les affaires en Haïti.


Le but principal de cette édition ce n'est pas de vous effrayer, ni de vous déconseiller à ne plus investir en Haïti. Ce n'est ni non plus de stigmatiser la paresse et le manque de responsabilité d'une jeunesse complètement paumée. Mais de préférence une mise en garde qui vous évitera de traverser les mèmes galères que moi, de ne pas connaitre les mèmes obstacles que j'ai du surmonter et d'éviter de frôler les mèmes échecs .



Nous sommes en 1998, j'ai été en classe de Philo A au lycée Anténor Firmin, étudiant à l'institut Haïtiano Américain et je dispensais parallèlement, des cours de soutien scolaire afin de payer ma propre scolarité.

Cette indépendance précoce que j'avais, était très mal perçue par mon père, le regretté de mémoire Lucius Joseph (un grandon de la Commune de Gressier) et aussi de mon grand frère Louis Joseph; parce que très jeune j'avais choisi d'être autonome



En 1999 je suis entré à la faculté de droit de Port au Prince où je faisais un cursus de formation *Sciences Juridiques* que j’abandonnerai deux ans plus tard .

Parallèlement, je donnais des cours d'Anglais dans différents collèges de la Capitale dont les Salesiens de Don Bosco, Collège Lumière de Léogane, Collège Chrétien de Place l'or, Collège Classique de Léogane .

Puis, après avoir organisé les élections du 21 Mai et du 26 Novembre 2000 au BEC de Gressier, je rentre en Guyane Française.



Arrivé en Guyane, j'ai croisé un militant associatif, répondant au nom de Toussaint Joseph, un homme qui m'a beaucoup aidé à faire mon intégration et qui m'a aussi permis de rester dans l’enseignement en me donnant la possibilité de dispenser des cours de soutien scolaire pour des élèves de la 6ème à la Philo.



Ne pouvant pas rester inactif face aux mépris et la chosification dont nos compatriotes en situation irrégulière subissaient en Guyane française, et dans le souci de lutter efficacement contre les expulsions arbitraires, nous avons décidé de créer une association. Grâce à nos démarches administratives , beaucoup d’entre eux ont été libérés des centres de rétention et ont pu rentrer en France métropolitaine.



En 2002, je laisse la Guyane française, pour rentrer en France ( Paris ) afin de continuer mes études universitaires, mais toujours animé par le même zèle et par les mêmes sentiments patriotiques de vouloir défendre mes compatriotes en situation irrégulière communément appelés les “sans papiers”.



En 2005, je me suis rendu compte que je n'avais plus les mèmes intérêts de rester à Paris et j'étais persuadé que le seul endroit où je serais vraiment utile c'était chez moi en Haïti.

C'est ainsi que, dans le but de porter ma contribution au développement socio-économique d'Haïti; j'avais décidé, dans un premier temps, d'ouvrir à la Ruelle Alerte un Cyber café avec différentes lignes téléphoniques internationales.



Dans un second temps, plus particulièrement, en 2010, je suis devenu fournisseur de produits Francais en Haïti ; notamment des produits d'hygiène et cosmétiques.


Par ailleurs, pour mieux écouler mes produits, j'ai ouvert deux shops dont un à Léogane et le deuxième à Gressier.


C'est à partir de ce moment, que mes problèmes ont commencés dans les affaires en Haïti.


A vrai dire, au début, tout avait relativement bien commencé jusqu'au moment que mes salariés ont commencé à se rendre compte qu'avec les formations professionnelles qu'ils ont pu obtenir gratuitement au sein de mes entreprises; qu’ils étaient capables de voler de leurs propres ailes et qu'ils n'avaient plus besoin de moi.


Gérer les trois points de vente à distance : Ruelle Alerte, Léogane et Gressier simultanément ne me posait pas de problème dans le vrai sens du terme. Le vrai souci c'était de trouver un *personnel sérieux*


Qu’est-ce qu'un « personnel sérieux ?

C'est ce que je suis en train de définir :

Le vocable *sérieux* n'a pas la même connotation en France qu'en Haïti.


En Haïti quand on dit que quelqu'un n'est pas sérieux, c’est qu’on le qualifie de voleur. Pourtant, en France, quelqu'un qui n'est pas sérieux, c'est une personne dépourvue des sens de responsabilité. C’est un manque de ponctualité, d’irrégularité et d'assiduité. En d'autres thèmes, quelqu'un qui ne respecte pas ses horaires de travail, qui dégrade avec un immense plaisir les matériels du patron, et qui se permet de fermer l'entreprise avant l'heure stipulée